Neuf élèves de 3e ont visité la maison d’Izieu.
Article mis en ligne le 4 février 2020

par Fabrice Audet
Plaque commémorative et vue sur la vallée du Rhône.

Mercredi 22 janvier, neuf élèves de 3e ont été invités par la Métropole à visiter la maison d’Izieu, dans le cadre du voyage mémoire à Auschwitz-Birkenau. Déjà, mercredi 11 décembre, ils avaient été conviés à une conférence de l’historien Piotr Ciwinsky, au musée des confluences. Là, ils avaient écouté et posé leurs questions au captivant directeur du musée d’Auschwitz.
A la maison d’Izieu, ils ont eu accès à une très intéressante visite guidée du musée. Après un pique-nique sur ce très beau site dominant le cours du Rhône, ils ont assisté à une conférence de Tal Bruttman, historien spécialiste de la Shoah. Ils ont à nouveau eu l’occasion de poser leurs questions à un homme très accessible et soucieux de clarifier l’Histoire.

Nos élèves devant la maison d’Izieu.

Qu’avons-nous retenu à l’occasion de ces visites et de ces conférences ?
Pierre-Antoine note que le site d’Auschwitz-Birkenau est gravement menacé par les effets du temps et nécessite un colossal effort de conservation. Noah relève le fait que le musée a été fondé très tôt après la guerre et qu’il y a énormément d’objets retrouvés. Dharyl est étonné par la quantité de chaussures et de lunettes qui ont appartenu aux déportés et qui sont conservées sur le site. Margot a été impressionnée par une photographie de deux enfants juifs de 6 et 8 ans, pour lesquels Mr Ciwinsky a souligné qu’il s’agissait d’ « une image du dernier quart d’heure de leur vie ». Laëtitia a été émue par la photographie d’une famille composée d‘un père, d’une mère et d’un fils, dont aucun n’a survécu à la déportation. Hana a été très intéressée par la comparaison de photos prises pendant la guerre, avec des photos prises récemment sur le site d’Auschwitz-Birkenau. Calliste a noté l’absurdité de la vision des nazis, fondée sur des préjugés. Thomas a ressenti du dégoût en voyant la montagne de cheveux que les nazis avaient coupés aux déportés, avant de les assassiner. Agathe a découvert ce qu’était la vie d’un déporté et les travaux qui lui étaient imposés.

Plaque avec les noms et âges des déportés.

Je vous avoue que, tout professeur d’histoire que je suis, ces visites et ces conférences ont enrichi mes connaissances. J’ai appris qu’Izieu se trouvait dans la zone d’occupation italienne et que les autorités d’occupation étaient plutôt conciliantes avec les Juifs. Les enfants d’Izieu n’avaient pas à se cacher. Ils fréquentaient les voisins, les villages alentours où tout le monde connaissait leur situation, même la préfecture et la gendarmerie. Ce n’est qu’après le départ des Italiens que les Allemands ont commencé à faire régner la peur sur cette région. Et le 6 avril 1944, sur ordre du SS Klaus Barbie, chef de la gestapo de la région lyonnaise, les 44 enfants ont été raflés et déportés à Auschwitz, où ils ont été assassinés dès leur arrivée. Les photographies de ces enfants affichées à la maison d’Izieu sont très émouvantes.